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José Boisjoli, Président du CA de BRP

Pour entrer dans la chronique Bâtisseurs, il n’est pas nécessaire d’avoir une carte de travailleur de la construction ou de porter un casque de chantier. Les bâtisseurs concernés, ce sont ceux qui construisent chaque jour un avenir pour notre passion. Ceux qui nous permettent de pratiquer notre sport, qui amènent leur pierre à l’édifice pour paver le futur du VTT, même si l’on aime bien la boue aussi. Aujourd’hui, nous mettons un coup de projecteur (à DEL) sur José Boisjoli. Il le mérite d’autant plus qu’il vient d’accéder au plus haut poste de la société québécoise BRP : la présidence du conseil d’administration.

Il prend la place de Laurent Beaudoin, 81 ans, un autre bâtisseur qui méritera lui aussi une chronique, car le gendre de Joseph-Armand Bombardier est à l’origine du déploiement de la compagnie de Valcourt et de sa présence dans l’aviation, les transports avec Bombardier et naturellement dans les sports mécaniques avec BRP.

« C’est un privilège d’être nommé par le conseil comme nouveau président », a déclaré José Boisjoli. « Je me réjouis à l’idée d’assumer mes nouvelles responsabilités de président du conseil d’administration et j’ai l’intention de veiller à ce que nous poursuivions notre croissance. Au nom du conseil d’administration et de tous les employés de BRP, j’aimerais remercier Laurent Beaudoin pour ses conseils, son expertise et son soutien au cours des 16 dernières années. »

Quelle est la différence entre président du conseil d’administration et PDG de BRP?

Le PDG gère la société sous le contrôle du conseil d’administration dirigé par le président du conseil.

José Boisjoli, Président du CA de BRP
José Boisjoli, Président du CA de BRP

José Boisjoli a passé son enfance à Wickham, dans la MRC de Drummond. Il découvre sa passion dans la ferme de ses parents, au volant du tracteur familial, puis sur sa première motoneige à 10 ans et avec son motocross à 12 ans. Il obtient un baccalauréat en génie de l’Université de Sherbrooke. Pendant huit ans, il travaille dans l’industrie pharmaceutique et dans les équipements de sécurité. Il est embauché chez Bombardier en 1989 comme directeur des achats pour les motomarines Sea-Doo. La fonction achat n’est pas ce qui l’intéresse le plus, mais il est séduit par le côté industriel et la chaine de montage des Ski-Doo.

C’est en 1998 qu’il accède à la présidence de la division Ski-Doo et Sea-Doo, l’année où Bombardier entre dans le marché des véhicules tout-terrain. En 2002, il prend également la gestion de la division des quads Can-Am.

Le rythme ne ralentit pas ! En 2003, le groupe Bombardier se sépare de la division des véhicules Ski-Doo, Sea-Doo, Can-Am avec les moteurs marins Evinrude et Johnson, sans oublier la marque Rotax.

La nouvelle société BRP (Bombardier Recreational Product) est officiellement lancée avec trois actionnaires: le fond d’investissement Bain Capital, la famille Bombardier (groupe Beaudier) et la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Dès l’entrée en bourse, José Boisjoli est nommé président et chef de la direction de BRP. Sous son impulsion, le trois roues Spyder est lancé en 2007, tandis que la marque Johnson est arrêtée pour ne garder qu’Evinrude. Puis en 2010, les côtes à côtes viennent compléter l’offre Can-Am quatre-roues.

Il aime tester lui-même les véhicules, et il se plait à raconter une randonnée en motoneige dans la région de Charlevoix. Avec les différents terrains rencontrés, il a l’idée d’adapter les réglages des skis selon les besoins. Il en fait part au service de recherche et développement et cela aboutit à un brevet de ski ajustable. José Boisjoli est cité officiellement parmi les inventeurs, à sa grande fierté, car il revient aux bases techniques de son diplôme.

José Boisjoli n’oublie jamais d’intégrer ses équipes aux succès du groupe. Quand on lui demande sa méthode, il répond : « C’est un sentiment d’accomplissement, d’autonomie et de fierté vis-à-vis de leur organisation. Et l’une des principales sources d’engagement des employés est de savoir qu’ils peuvent créer des changements positifs et significatifs dans leur lieu de travail, de manière petite ou grande. En tant que dirigeants, il nous appartient de créer cet environnement afin que les employés puissent pleinement y contribuer ». Et ça marche. Il y a de la passion chez BRP.

La communauté est importante pour lui. L’Université de Sherbrooke, dont il est Grand Ambassadeur, nous dévoile qu’il soutient personnellement et activement la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke depuis plusieurs années. BRP s’est aussi associé à l’Université pour créer un centre de recherche et d’innovation.

En 2015, il s’engage à dévoiler un véhicule côte à côte tous les six mois pendant 4 ans et il tient parole.

Avec lui, depuis son arrivée, le groupe est passé de deux gammes de produits (Ski-Doo / Sea-Doo) à cinq avec les Can-Am quad, côte à côte, et Spyder. Sans compter les moteurs de bateaux Evinrude. Dernièrement, BRP s’est porté acquéreur d’une marque de bateaux de pêche, Alumacraft, un complément aux moteurs Evinrude. Pour 2018, les revenus ont totalisé 5 243,8 millions de dollars, soit une augmentation de 17,8% par rapport à l’année précédente.

BRP a également acheté des éléments d’actifs de la société de motos électriques Alta Motors. C’est une bonne façon de rester dans la course pour le moteur électrique et les énergies nouvelles. Et on se rappellera que le jeune José roulait en motocross à 12 ans. Le président a déjà évoqué un retour en moto hors route. Rien d’officiel, mais la diversification fait partie de l’ADN à Valcourt. À suivre.

Avec les Sea-Doo et les Spyder, il a développé un véhicule avec un prix étudié. Le Spark pour les motomarines et le Ryker pour les trois roues. On espère qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin et qu’il adaptera le concept aux côtes à côtes ou aux quads, avec un prix d’entrée de gamme, sans couper dans l’esprit fun.

Le président de BRP est récipiendaire de plusieurs distinctions honorifiques. En 2005, il a reçu le titre du « haut dirigeant de l’année » par le magazine PowerSports Business. En 2014, la firme Ernst & Young l’a élu entrepreneur de l’année pour le Québec et plus récemment, il a été nommé PDG de l’année par le journal québécois Les Affaires. Depuis le début de l’année 2018, il est membre du conseil d’administration de McCain Foods.

Le nom de José Boisjoli est lié à la formidable expansion de BRP. Âgé de 61 ans, il a encore de belles années devant lui au sein de la société dont il est le premier « non membre de la famille » à prendre la direction du conseil d’administration.

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