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Rouler sur le sable du Baja 1000

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Quelquefois, la vie vous apporte des opportunités imprévisibles qui feraient l’envie bien des gens. Par exemple, dernièrement, j’ai eu l’occasion d’aller faire rouler un RZR 800 en compagnie de mon frère dans l’arrière-pays de Los Cabos au Mexique. Rouler dans le pays du légendaire Baja 1000 : un cadeau du ciel!

On a beau se documenter sur le net pour essayer d’anticiper les conditions qu’on y rencontrera, on n’est jamais préparé à la vue par le hublot de l’avion en approche de l’aéroport de Los Cabos. Le paysage est scarifié par une multitude de lits de rivières asséchées et peu de végétation y pousse : quelques touffes d’arbustes parsemés ici et là et on remarque surtout la présence de cactus géants tels qu’illustrés dans les bandes dessinées de Lucky Luke. Il nous tarde d’y poser les roues!

L’arrivée sur le site de Xtreme Adventure Cabo

Nous arrivons au site de Xtreme Adventure Cabo qui est le pourvoyeur pour notre randonnée. Le site est aménagé simplement. Le kiosque où nous sommes accueillis se résume à un toit en feuilles de palmier, sans mur, placé au centre d’une piste en forme de rond de course. Les véhicules qui nous attendent y sont stationnés. Alors qu’on pensait suffoquer en descendant de l’autobus climatisé, la chaleur n’est pas si accablante. Malgré le chiffre impressionnant de 35 degrés sur le thermomètre, elle est très supportable en raison du très faible taux d’humidité qui est de 30%. Par contre, le soleil tape très dur.

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Notre guide Tony, qui ressemble légèrement à Vin Diesel avec son crâne rasé, son teint basané et les traits généraux de son visage (mais sans la musculature), nous accueille chaleureusement et nous met rapidement à l’aise dans un anglais fortement teinté d’un accent espagnol. Après distribution des casques protecteurs et consignes usuelles de sécurité, nous nous dirigeons vers les montures qui nous sont allouées pour l’après-midi : Un RZR 900 qui avait déjà trouvé preneur, 2 RZR 800 4 places et des RZR 800 S. Il y a bien des exemplaires de RZR 1000 un peu plus loin et j’en fait part à Tony, espérant sans grand espoir de pouvoir mettre la main sur un. Malheureusement pour nous, ils appartiennent aux propriétaires de l’établissement qui les préparent soigneusement pour les courses Baja sur le territoire.

La culture Baja qui consiste à courser à fond de train dans le désert est fortement implantée dans les mœurs de la région, au même titre que le hockey l’est dans la belle province. Cet engouement culmine à la fin novembre où est tenue la légendaire course Baja 1000, mère de toutes les courses. Cette célèbre épreuve met en scène les bolides les plus démentiels spécifiquement conçus pour mater le désert. Tony nous souligne avec grande fierté que l’équipe de course professionnelle de la maison, nommée Jabali , a gagné l’épreuve Dos Mare 500 en mai dernier, ce qui les place en première position dans la série de Baja Sur (sud de la péninsule californienne). L’an passé, ils ont participé au Baja 1000 et ont obtenu la 6e place de leur catégorie. Ils y retourneront cette année avec l’objectif d’obtenir une place sur le podium.

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Le départ : Enfin!

Après ce bref, mais très intéressant exposé sur la passion de la compétition Baja dans la région, nous nous engageons enfin, en cortège de véhicules côte à côte, dans les sentiers étroits et sinueux qui s’enfoncent dans le désert. Le fond de sentier est graveleux et quelquefois, une roche de taille importante surgit au détour d’une courbe serrée. Les bords du sentier sont bordés de vieilles branches sèches qui longent le sentier à la hauteur de la cabine. En y regardant de plus près, lesdites branches sont hérissées d’aiguilles et s’avèrent être des cactus. Voilà un premier choc d’exotisme pour un homme du nord! Le dépaysement s’accentue en roulant entre les collines sablonneuses couvertes de buissons de ficus, de cactus de toutes formes dont les légendaires cactus-cierge que l’on voit dans tous les films du Far West. On en vient à avoir l’impression de rouler sur une autre planète, nimbé d’une auréole de poussières soulevées par le passage des machines. Puis, au bas d’une pente, le sentier s’élargit un peu tout en restant encavé par des montagnes rocheuses. Le fond de roulement, quant à lui, devient d’un sable fin blond sur toute la largeur du sentier.

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Nous roulons sur le lit desséché d’un cours d’eau. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le sable ne présente pas une surface douce et onctueuse, mais une des pires planches à laver sur laquelle qu’il m’ait été donné de rouler. Tony nous avait prévenus de la chose alors qu’il donnait ses consignes. La façon d’atténuer cet inconvénient est d’augmenter la cadence jusqu’à au moins 80km/h afin de survoler les bosses. Malheureusement, le groupe n’augmente pas la cadence et nous atteignons péniblement une vitesse de 50 km/h. Je vois le siège du passager vide du véhicule qui me précède être furieusement secoué de gauche à droite au fil des bosses. Je sens le débattement suspension de mon véhicule, qui est quand même un RZR 800S avec 12 pouces de débattement, atteindre ses limites. Nous parvenons à planer sur une ou deux bosses, puis le véhicule fait une embardée de gauche à droite qu’il faut corriger promptement. Puis, nous atteignons le lit de la rivière El Migrinos, aussi asséchée que les rivières de Mars. Nous remontons jusqu’à sa tête, du moins tant que c’est carrossable.

Première pause. Tony nous invite à aller nous assoir à l’ombre d’un rocher de granit immense dans un équilibre précaire qui semble être supporté par un arbre qui a poussé dessous. Il nous parle un peu de l’histoire du pays en partant de la venue des conquistadors espagnols et des réalités géographiques de l’endroit. La région reçoit en moyenne 240 mm de pluie par an. Comment alors expliquer les larges lits de rivières asséchées? Par les ouragans qui frappent la région en automne. En 2001, l’ouragan Juliette a déferlé sur la région et a provoqué un déluge de 1000mm de pluie sur la région. L’endroit où nous sommes était noyé sous un torrent de 30 pieds d’eau qui déferlait fougueusement des plaines de l’arrière-pays vers l’océan. Pensant à première vue que Tony en mettait plus que le client en demandait, je remarque que les flancs de montagnes nous entourant sont complètement lavés jusqu’à la hauteur qu’il indique : le granit est nu et propre et il n’y a aucun gravât ou petite roche en place comme plus haut dans la montagne.

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On reprend le sentier en circulant sur le lit de la rivière El Migrino, ici même où la mythique course Baja 1000 s’est tenue dans le passé, jusqu’à l’océan Pacifique. Le lit s’élargit au fur et à mesure que nous progressons vers l’océan et l’éventail des trajectoires du groupe se diversifie. Les uns décidant de contourner un buisson vers la droite et les autres vers la gauche. Puis, Tony nous engage dans un enchevêtrement de courbes serrées au dévers très prononcé qui crampent à gauche, passe sur une butte pour tourner brusquement à droite. Il s’agit du circuit où se tiennent les courses de Baja locales. C’est très plaisant de pousser le RZR en appui dans les courbes, le pied au fond et de le balancer quelques secondes après de l’autre côté, rasant les côtés de piste. L’intermède dure quelques minutes et nous reprenons notre progression vers l’océan que nous atteindrons 15 minutes après.

Deuxième arrêt où nous avons comme paysage l’arrière-pays aride de la California Sur derrière nous et l’océan Pacifique dont les puissantes vagues déferlent sur les plages de sable blond. Nous ne roulerons pas sur la berge, car l’eau salée endommagerait les véhicules. Nous apprenons tout de même qu’en saison automnale, nous pouvons observer de la plage les baleines qui viennent hiverner ici et surtout, dans le sanctuaire classé par l’UNESCO d’El Vizcaino qui se trouve un peu plus au nord. Les espèces qui peuvent être observées sont la baleine de Minke ou petit rorqual, le rorqual de Bryde, la baleine de Sei, la baleine à bosse, la baleine grise et la baleine bleue.

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Nous reprenons par le chemin du retour en empruntant une petite route dans les collines qui nous ramènera vers notre point de départ, après deux heures et demie de randonnée.

Rouler dans des contrées aussi exotiques est une expérience enrichissante où on peut découvrir la richesse d’une écologie qui s’est adaptée au climat aride de la péninsule californienne, tout conduisant un véhicule qui nous est familier dans un environnement dépaysant. À mettre à votre agenda lors d’un voyage à Los Cabos!

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